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Et donc je m’acharne

Paroles de poètes contemporains

Richard Dubelski, Stéphane Keruel, Ghérasim Luca
Montage des textes : Jean-Michel Potiron et Stéphane Keruel

Interprétation : Stéphane Keruel
Mise en scène : Jean-Michel Potiron

Un projet :
Théâtre à tout Prix (Besançon-25)
Le Chant de la Carpe (Niort- 79)

Production :
Le Chant de la Carpe

Co-production :
Comité d’Animation du Pays Mellois et du Haut Val de Sèvres

Collaboration technique :
Centre Dramatique de VillageS (Arçais, Marais Poitevin)
Nouveau Théâtre - Centre Dramatique National de Besançon
L’Arche - scène conventionnée de Bethoncourt

Création prévue vers le 30 juin 2008
au Festival au village de Brioux-sur-Boutonne (79)


 


Synopsis


Après s'être affiché en rupture avec le rire et la poésie utilisés à mauvais escients, un homme recherche, avec acharnement, où se nichent le vrai rire et la vraie poésie.

Jean-Michel Potiron

 


Projet


"Attendu qu’une nation peut se passer d’art,
il serait beau même qu’elle en montrât la franchise",
disait le poète Stéphane Mallarmé.
La poésie est-elle franchement
une nécessité de notre temps ?
Et quand nous parlons de poésie,
de quelle poésie parlons-nous ?
D’une poésie à la Ronsard, mignonnette ?
"Ne lira-lon jamais, que ce Dieu rigoureux"
déplorait Du Bellay dans ses Regrets
apostrophant son ami de la Pléiade
qui ne destinait sa plume qu’au seul Cupidon ?

"Pourquoi, dans ce temps d’ombre misérable, des poètes ?"
demandait Hölderlin dans ses Elégies.

Quelle signification aujourd’hui
une vie entière vouée à la poésie revêtirait-elle ?
A contre-pied d’un corps de poésie,
pourrait-elle offrir autre chose
que la poésie d’un corps faisant,
joyeusement et désespérément,
corps avec elle ?

Et donc je m’acharne ne sera rien d’autre qu’une poésie en actes.

Jean-Michel Potiron

"Toutes les oreilles sont surnaturelles." (F. Picabia)

AFFIRMATIONS :

Les bouches sont plates, les oreilles créatrices.
Les oreilles ont meilleure haleine que les bouches.
Les oreilles sont les vrais organes de la parole.
Les oreilles disent un creux qui sonne le sens.
Les oreilles sont tapies dans nos phrases et ricanent.
Les oreilles ont de quoi ricaner.
Les mots, même tenus en laisse vont où ils veulent.
Les mots fricotent à l’ombre de nos ronds de langue.
Les mots ourdissent d’autres langages en creux.
Nos phrases sont quêtes éperdues de dignité.

INTENTIONS :

La poésie comme un trou,
un trou qui se dirait sous la parole qui meuble.
Sous les meubles, un creux de poids : poésie.
Quelque chose comme ça …
Occuper le fond de ce trou.
Tenir cette position pour rien.
Y mugir nos langues domestiques, en mâcher la chair auditive…
Faire parler les oreilles.
Tenter de faire du mot poésie un verbe.
Un verbe d’action.
Un verbe d’aucun groupe et irrégulier.
Une plaie sur la langue.
Eradiquer tout espoir de dire, et dire.
Dire de ce trou.
Dire ce trou.
D’arrache-pied.

Stéphane Keruel

 


Historique de la collaboration

Théâtre à Tout Prix - Le Chant de la Carpe-


- En 1997, rencontre de Stéphane Keruel et Jean-Michel Potiron autour de Tête d’or de Paul Claudel (un projet de Jean-Michel Potiron) au Théâtre de la Cité Internationale à Paris.

- A partir de 2005, direction d’acteur de Stéphane Keruel sur la création Protesto ! solo inutile pour une culture qui cultive, conçue et interprétée par Jean-Michel Potiron, 130 représentations à travers la France et la Suisse, toujours en tournée..

- A partir de 2007, coréalisation : Et donc je m’acharne (Stéphane Keruel auteur et interprète, Jean-Michel Potiron metteur en scène), une production Le Chant de la Carpe.

- A partir de 2008, coréalisation : Les Dériveurs à travers l’œuvre complète de Guy Debord (Co-mis en scène et co-interprété par Stéphane Keruel, Jean-Michel Potiron et Pierre Daviller) une production Théâtre à Tout Prix, coproduction le CDN de Besançon et La Grange de Dorigny, Théâtre de l’Université de Lausanne.

 


Mise en réseau des deux compagnies

- A partir de 2004, le Chant de la Carpe a accueilli plusieurs propositions de Jean-Michel Potiron au CDV et sur son territoire : Niort, Pays Mellois, Marais Poitevin, Surgères, La Rochelle (lectures publiques de Rabelais, Montaigne, Tchekhov ; représentations de Protesto ! ; week-end Guy Debord au CDV)

- A partir de 2007, le Théâtre à tout Prix a accueilli plusieurs représentations de C’est tout ! d’après Daniil Harms en Franche-Comté (Besançon, Arc-Sous-Cicon, Vesoul, Lect, Arbois).

- Dans le cadre de la création Et donc je m’acharne, Jean-Michel Potiron favorise la rencontre (pour l’instant matérialisée sous forme de prêts de salles et de soutiens techniques) avec le CDN de Besançon, l’Arche scène conventionnée de Bethoncourt (elle-même rattachée au réseau Quintest : 25 théâtres sur le Grand Est) et la manifestation Spectacles en recommandé (réseau national de la Ligue de l’Enseignement) à Laval le 23 janvier 2008. De son côté, Stéphane Keruel établit un partenariat avec le Comité d’Animation du Pays Mellois et du Haut Val de Sèvres (79) qui se concrétisera par une résidence de création d’une semaine suivie de plusieurs représentations lors du Festival au Village de Brioux.

- Les deux compagnies amalgameront leurs réseaux respectifs afin de permettre la plus large diffusion de Et donc je m’acharne.

 


Pourquoi le mode de diffusion à domicile ?

Les deux compagnies ont a cœur de proposer du théâtre partout (lieux alternatifs, domiciles, cafés, bibliothèques, musées, théâtres, granges, plein air). Insérant notamment leur démarche dans la tradition du théâtre en appartement, le Chant de la Carpe et le Théâtre à Tout Prix trouvent dans cette forme de diffusion un outil pour la recherche et la rencontre de publics inhabituels.

Protesto ! a tourné plus d’une centaine de fois depuis 2005 dans des domiciles à travers la France, mais aussi au CDN de Besançon, au Festival de la Cité de Lausanne, au Théâtre de Morlaix, au Théâtre Pierre Tabard de Montpellier, etc. En 2008-2009, à raison d’une dizaine de représentations chaque fois, il passera au Théâtre de Lunéville (88), au Théâtre de Neuchâtel (Suisse), au Théâtre d’Yverdon (Suisse), etc.

C’est tout ! a tourné plus de 80 fois depuis 2001 chez l’habitant en Poitou-Charentes et au-delà, mais aussi à Cap Sud à Poitiers (86), au Théâtre de la Couronne (16), à l’Eldorado à St Pierre d’Oléron (17), au Scénith à Lorient (56), au Théâtre du Château de Jonzac (17), etc.

 


Stéphane Keruel

 

Stéphane Keruel vivrait à Arçais (79). Il serait né en 1964, serait comédien, metteur en scène, sculpteur, auteur, et… fils de chocolatier. Depuis 1987, il exercerait sur le langage un " chantage " fécond, pratique qui lui viendrait de son enfance bègue. Aujourd'hui, il élargirait ce principe d’hésitation acharnée à tous les domaines de sa vie, en particulier au sein de la compagnie de théâtre Le Chant de la Carpe, implantée en Deux-Sèvres depuis 2001. Il aurait ouvert un Centre Dramatique de Villages au cœur du Marais Poitevin, lieu de recherche artistique potentiellement proche des habitants.

Traces de parcours : Formation à l’Ecole Régionale des Beaux Arts d’Aix-en-Provence et au Conservatoire d'Art Dramatique de Lyon. Débuts professionnels : à partir de 1987, acteur avec différents metteurs en scène. Adaptateur et metteur en scène dans des directions variées : marionnette (Garcia Marquez, Lazzario De Tormes), musique (quintet à vent : Concert Impromptu, écriture contemporaine (Chambres de Philippe Minyana).

En 1990, co-fondateur avec Olivier Maurin de la compagnie Lhoré Dana à Lyon : acteur dans des oeuvres de Kafka, Marie-Luise Fleisser, Daniil Harms, Gregory Motton, Mohamed Rouabhi, Edward Bond, Lothar Trolle. Collaboration aux nombreuses actions menées en direction des publics dans le cadre d'une résidence de sept ans au Théâtre de la Renaissance - théâtre missionné, direction : Laurent Darcueil (Oullins).

A partir de 2000, engagement dans une recherche de longue haleine sur le langage à partir de l’œuvre de Ghérasim Luca.

En 2001, fondateur avec Blandine Clémot de la compagnie Le Chant de la Carpe. Mise en scène et jeu avec Claude Andrzejewski de " ...C'est tout ! " d'après Daniil Harms (2001). Ecriture et réalisation de trois versions scéniques de C'est quelque chose (2003-2005). Mise en scène de Le fantôme de la vieille paroisse (montage, 2005). Ecriture, réalisation et jeu de Chôôôcolaaah, un passage obligé à travers un cri (2005). Version 2006 de " Chôôôcolaaah " mise en scène par Jean-Pierre Bodin. Création de " La poésie, la question même de la langue ", petite forme théâtrale en guise d'initiation à la poésie, jouée dans des classes de collèges et lycées. Nombreuses réalisations de spectacles joués par des lycéens.



Le Chant de la Carpe

La Compagnie a été fondée en 2001 par Blandine Clémot et Stéphane Keruel, au cœur du Marais Poitevin.

La Carpe exprime une impossibilité démentie : et pourtant elle chante... Elle se fait porte-parole de voix contemporaines trop méconnues : des auteurs et des poètes comme Ghérasim Luca, Daniil Harms...

La Compagnie travaille notamment à la rencontre de publics inhabituels. Elle initie des conditions de rencontres variées avec les habitants qui permettent un réel rapprochement des personnes autour de l'acte artistique (actions diverses : ateliers de pratique, lectures, veillées, représentations à domicile, en prison, en lycée...)

En juillet 2006, la Compagnie a ouvert les portes du

" Centre Dramatique de Villages "

Bien sûr, on ne s'autoproclame pas Centre Dramatique - même de villages ! - comme cela.

C'est au fil du temps que cette vocation de centre s'établira sur le territoire dans le lien avec les habitants et les acteurs culturels impliqués.

Le "Centre Dramatique de Villages" est un lieu de recherche artistique, de répétitions, de création, de représentation de petites formes théâtrales, de lectures publiques... etc. Il est aussi un espace de réflexion active autour des pratiques artistiques sur leurs territoires d'exercice.

 

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