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Hercule Furieux de Sénèque

Création à l’Espace scène nationale de Besançon, le 3 mars 1999

Une coproduction 
Théâtre à tout Prix
Espace scène nationale de Besançon
Théâtre de Dole (Scènes du Jura)

Coréalisée par l’Opéra-Théâtre Municipal de Besançon
(réalisation décor et costumes) 

Avec le soutien de la Drac de Franche-Comté
la Région de Franche-Comté, le Département du Doubs
et la Ville de Besançon

Avec
Nicole Rivier (Junon)
Valérie Quénec’hdu (le Chœur)
Sylvie-Betty Didier (Mégare)
Mohamed Guellati (Amphitryon)
Dominique Comby (Lycus et Hercule)
Eric Borgen (Thésée)

Traduction : Florence Dupont 
Scénographie, costumes, accessoires : Olga Karpinsky 
Assistante scénographe : Chantal Hocdé
Assistant costumes : Stéphane Thomas 
Son : Manuel Poletti 
Lumières : Lionel Spycher 
Maquillage et coiffures : Mireille Duroy
Accessoires spéciaux : Philippe Perrin
Régie générale : Jean-Michel Arbogast 
Administration : François Martin
Secrétariat : Véronique Radreau 

Mise en farce  : Jean-Michel Potiron 

 

 


Synopsis

Hercule est le fils de Jupiter (Dieu) et d’Alcmène (Humaine). Jalouse, Junon, déesse, sœur et amante de Jupiter, condamne Hercule aux douze travaux. Ainsi demi-dieu, demi-homme, indiscutablement surhomme, Hercule, dès son enfance, est contraint de terrasser des monstres. Il a étranglé deux serpents dans son berceau (l’enfant était précoce), étouffé ensuite le lion de Némée dont il a pris la peau pour se faire une cuirasse, tué l’Hydre de Lerne et trempé ses flèches dans le sang empoisonné du monstre, capturé la biche d’Arcadie en la rattrapant – s’il vous plait – à la course, nettoyé les écurie d’Augias de ses propres mains, abattu les oiseaux du lac de Stymphale, vaincu le taureau de Crète, tué Diomède qui nourrissait ses cavales de chair humaine (il l’a donné ensuite à manger à ses chevaux), séduit Hyppolite, la reine des Amazones et lui a pris sa ceinture, tué Géryon en Espagne et lui a pris ses bœufs, volé les pommes d’or du jardin des Hespérides, porté le monde sur ses épaules à la place d’Atlas, brisé des montagnes en deux pour ouvrir le détroit de Gibraltar, puis descendu aux Enfers (son dernier exploit) pour ramener le Cerbère, le chien infernal à trois têtes, et chercher Thésée retenu prisonnier par Pluton. La pièce débute lorsque Hercule exécute sous terre son douzième travail. A la surface de la terre, en dépit de l’interposition de son père Amphitryon, sa femme Mégare est sexuellement harcelée par Lycus, un tyran, qui la menace de mort ainsi que ses enfants, et qui pavane sur le trône qu’il a usurpé. De retour sur terre, ramenant Thésée, Hercule découvre la situation. Aussitôt il se met en chasse de Lycus, l’extermine, tandis que Thésée fait le récit de leur périple aux Enfers. Par ailleurs, de façon régulière, le Chœur dispense des leçons de morale et de politique aux auditeurs. Toutefois, la malédiction de Junon fait son œuvre. Dans un accès de folie, après l’élimination de Lycus, Hercule extermine sa femme et ses propres enfants, sombrant dans la fameuse furie d’Héraclès…


Projet

A l’heure où la société favorise ses réussis, glorifie ses riches, déifie ses tops-models et jette l’anathème sur ses faibles, ses pauvres et ses démunis, mettre en scène l’histoire du héros, de l’imbattable, indestructible et immortel Hercule s’impose joyeusement. L’héroïsme proprement n’est pas en cause. En manifester parfois peut ne pas être inutile mais il ne se décrète pas. Or Hercule et ses proches le revendiquent haut et fort, se targuant d’être des héros. Ces paroles, dénuées de toute sorte de doute, au moment où la société quémande des certitudes et exige de chacun de nous que nous soyons INFAILLIBLES, voilà qui prête à rire et justifie le choix de faire de cette tragédie une farce. L’homme est FAILLIBLE, doit l’être et nous le savons bien. Ceux qui l’ignorent ou qui prétendent le contraire sont de plus ou moins grands criminels. A petit feu ou abruptement, sournoisement ou ouvertement, ils exterminent, tuent, écrasent leurs semblables tous les jours à plus ou moins grandes échelle. Hercule n’est qu’un homme. Faillible, comme les autres. Résolument non héroïque, il l’apprend (et la société tout entière avec lui) à ses tristes dépens.

Le 5 décembre 1997 et le 14 septembre 1998, Jean-Michel Potiron.

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